le syndrome hector poulet

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ffp

J’ai acheté trois paires de chaussures aujourd’hui, attention au fashion faux pas, je me disais en choisissant, quelle importance d’acheter, à force de ne pas acheter, on perd l’habitude, avec des grolles impossibles. Je n’achetais plus, enfin presque, j’avais tellement de vieilles baskets, et des jeans de plus en plus petits, ça pouvait passer. Et puis ça revient, un pied après l’autre, j’étais entrée là, le temple des voûtes, tripoter les pompes en faisant des grimaces un peu entendues, avant de les reposer pour cause de trop-vide budgétaire. Est-ce qu’on a vraiment besoin d’être tout le temps la plus belle, tout le temps la plus jeune, tout le temps la plus neuve, ça fatigue tellement. (après les nuits grises, c’est trop.) Un vampire, peut-être, j’aurais pu mordre quelques gorges fermes, avec une cape et un teint blafard, des doigts crochus, toute une panoplie, jusqu’aux bottes. J’étais dedans, tripotante, les unes et les autres, que des petites chaussures, en général au énième talon de vingt cinq centimètres je craque, une femme plateforme, ces chaussures qui font perdre l’équilibre, plus le prix exorbitant, la pauvre femme, d’aujourd’hui, qui aime les choses chères et si instables, avec le sac cuir en plus, moi non plus. Les ballerines, les espadrilles, les bottes de cow boy, et autres mauvais genres, j’ai choisi le camp de la lose, je ne bois plus une goutte d’alcool. Il était temps que ça cesse. Je ne tripotais plus, j’essayais. On m’apportait des boîtes et des boîtes, autant que j’en voulais, j’aurais pu y passer la journée, tout le monde était très gentil, mais personne ne parlait vraiment, j’avais essayé, en plus, de faire la conversation, mais tant que je n’achetais rien, si je ne sortais pas ma carte de paiement, ce n’était pas gratuit. On avait des égards, si professionnels, c’était déjà ça. Je parlais un peu toute seule, en regardant mes pieds, un pas en avant, une chaussure à gauche, à droite, tourner la cheville, tirer sur les collants, j’étais bien. Cinq paires devant moi, et fermement l’intention de les acheter toutes, à quelques X euros, ce n’était même pas si cher, quoique, tout dépend, si on les a ou pas, je ne les avais pas. C’était tentant, la carte, j’aurais des pieds sublimes, la win aux talons, moins de dix centimètres. L’heure de choisir, j’étais dans mes petits souliers, j’avais un peu monté la tête de tout le monde, là-dedans, la grosse vente, ils en étaient presque à me servir le café, en silence, il était temps que je les snobe un peu.
16.2.09 22:36
 
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